Réponse courte : cliniquement, la périménopause compte deux phases, une précoce et une tardive, et c'est le cycle qui les sépare, pas l'âge ni l'intensité des symptômes. La précoce s'ouvre sur un écart persistant de 7 jours ou plus entre la longueur de cycles consécutifs ; la tardive, sur un intervalle de 60 jours ou plus sans règles. Les « trois étapes » que l'on rencontre partout en français — périménopause, ménopause, postménopause — comptent autre chose : elles découpent la vie autour de la ménopause, pas l'intérieur de la transition. Quant aux « quatre phases », elles viennent d'un modèle précis, signé, qui se présente lui-même comme minoritaire.
Une note de vocabulaire, puisque beaucoup de lectrices arrivent ici en cherchant « phases de la préménopause » : en français courant, préménopause désigne le plus souvent la transition elle-même, celle que la littérature clinique appelle périménopause. L'Inserm tranche d'ailleurs la question sans détour : « On parle souvent de “préménopause”, mais il vaut mieux dire “périménopause” car ce passage se prolonge après l'arrêt des menstruations » (Inserm, 23 octobre 2023). C'est bien de cette période qu'il est question ici, et cette précision n'est pas un détail : elle explique à elle seule une partie des désaccords sur le nombre de phases.
Pourquoi on lit « deux », « trois » et « quatre » phases
Parce que trois découpages circulent en parallèle et qu'ils ne comptent pas la même chose. L'un découpe les grandes étapes de la vie hormonale, l'autre l'intérieur de la transition, le troisième est le modèle propre à un centre de recherche. Aucun n'est une coquille, et un seul fait consensus.
Trois étapes : le découpage courant en français
C'est celui que vous rencontrerez le plus souvent, et c'est aussi celui que la langue courante privilégie. L'Inserm le pose en deux phrases : la ménopause est « définie comme l'arrêt des règles (ou “aménorrhée”) depuis plus d'un an, sans cause identifiée, et survenant entre 45 et 55 ans (à 51 ans en moyenne en France) », et elle est « le plus souvent précédée par une période de transition […] dite de périménopause », pendant laquelle « les règles peuvent devenir irrégulières » (Inserm). Sa durée, qui fait l'objet de chiffres divergents, est reprise plus bas.
Remarquez ce qui se passe dans ce découpage : la périménopause y est une étape parmi trois. Elle n'a pas de phases internes. Une page qui répond à « les étapes de la ménopause » et une page qui répond à « les phases de la périménopause » peuvent donc être justes toutes les deux et ne partager aucun chiffre.
Les Manuels MSD ajoutent une difficulté supplémentaire en listant quatre noms plutôt que trois — stade de la reproduction, périménopause, transition vers la ménopause, postménopause — et c'est souvent là que naît la confusion sur les « 4 phases ». Lisez les définitions et les termes se chevauchent au lieu de se succéder : la transition vers la ménopause « se produit au cours du stade de la périménopause » et couvre « généralement les 4 à 8 ans qui conduisent à la période menstruelle finale », tandis que la périménopause « correspond aux quelques années précédant (la durée varie beaucoup) et à la 1ère année suivant les dernières règles » (Manuels MSD, édition professionnelle, modifiée en juin 2026). Quatre étiquettes, dont deux emboîtées l'une dans l'autre. Les compter comme quatre phases consécutives, c'est mal lire la page.
Deux phases : le modèle clinique
Le cadre de référence s'appelle Stages of Reproductive Aging Workshop +10, abrégé STRAW+10, publié en 2012 après une décennie de données accumulées sur le système initial de 2001. Son propre résumé décrit l'approche STRAW comme largement considérée comme la référence pour caractériser le vieillissement reproductif jusqu'à la ménopause (Harlow et al., 2012).
STRAW+10 numérote ses stades de −5 à +2 autour des dernières règles, qui occupent le stade 0, et subdivise deux d'entre eux : la fin de la période reproductive en −3b et −3a, la postménopause précoce en +1a, +1b et +1c. Dans tout cet appareil, la transition ménopausique ne compte que deux stades : −2, la précoce, et −1, la tardive.
La périménopause, elle, couvre un intervalle un peu plus large que la transition, et STRAW+10 est d'une précision inhabituelle sur ce point : il la décrit comme un terme encore d'usage courant désignant la période entourant la ménopause, qui commence au stade −2 et s'achève douze mois après les dernières règles (Harlow et al., 2012). Elle englobe donc trois stades — −2, −1 et +1a — dont deux forment la transition proprement dite et le troisième la première année de postménopause.
En France, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français et le Groupe d'étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal retiennent une définition voisine mais non superposable, dans leurs recommandations pour la pratique clinique : « La périménopause se définit par le début de l'anomalie des cycles, la survenue de signes climatériques jusqu'à l'arrêt complet de l'activité ovarienne. Elle survient en moyenne à 47 ans et dure en moyenne 4 ans » (Trémollieres et al., CNGOF/GEMVi, 2021). Deux remarques là-dessus. D'abord, ce texte ne découpe pas la périménopause en phases : il la traite comme une période unique, bornée par le début des anomalies du cycle d'un côté et l'arrêt de l'activité ovarienne de l'autre. Les deux phases précoce et tardive viennent donc de STRAW+10, pas d'une recommandation française. Ensuite, la fiche d'information aux patientes éditée par le GEMVi, elle, aligne la borne de fin sur celle de STRAW+10 : « La périménopause est la période qui précède l'arrêt des règles, et peut se prolonger jusqu'à un an après les dernières règles » (GEMVi).
Quatre phases : le modèle de Vancouver
La version en quatre phases est publiée par le Centre for Menstrual Cycle and Ovulation Research (CeMCOR) de l'université de Colombie-Britannique, qui nomme quatre phases : périménopause très précoce, précoce, tardive et très tardive.
Son originalité tient à la première. Le CeMCOR soutient que la périménopause peut commencer alors que les cycles sont encore réguliers, et propose une auto-évaluation pour ce cas : une femme en milieu de vie dont les cycles restent de longueur normale, de 21 à 35 jours, peut se reconnaître dans la « périménopause très précoce » si elle présente trois éléments sur une liste de neuf, parmi lesquels des règles nouvellement abondantes ou plus longues, des cycles raccourcis à 25 jours ou moins, des seins devenus sensibles ou gonflés, des réveils nouveaux au milieu de la nuit et des sueurs nocturnes groupées autour des règles (CeMCOR). Ses phases suivantes retombent sur les seuils habituels : la périménopause précoce correspond à ce qui est officiellement appelé transition ménopausique précoce, la tardive s'ouvre quand un cycle est sauté ou qu'il s'écoule 60 jours entre le début d'une règle et le début de la suivante, et l'année qui suit les dernières règles constitue la périménopause très tardive.
Le CeMCOR dit explicitement ne pas être sur la position de consensus. Sa propre page écrit, à propos du fait de considérer comme périménopausée une femme dont les cycles sont réguliers, qu'en disant cela « nous différons du consensus officiel actuel » (CeMCOR). Le modèle en quatre phases est donc une alternative nommée, émanant d'un centre de recherche universitaire et publiée avec son propre désaccord — ce n'est pas un oubli des recommandations, et ce n'est pas interchangeable avec STRAW+10.
Les phases en un tableau
Tout ce qui suit provient du texte courant de STRAW+10, sauf mention d'une autre source. Une mise en garde avant de lire les durées : ce sont des estimations de population, issues d'études de calendriers menstruels et de dosages hormonaux, et non un calendrier prévisionnel.
| Stade | Nom | Ce qui marque l'entrée | Durée typique | Ce qui est fréquent |
|---|---|---|---|---|
| −3a | Fin de la période reproductive | « Des modifications subtiles des caractéristiques du cycle menstruel, en particulier des cycles plus courts, débutent. » Au stade précédent, −3b, les cycles « restent réguliers, sans modification de leur longueur » | Non chiffrée dans le texte de STRAW+10 | La FSH de phase folliculaire précoce « augmente et devient plus variable » ; aucun descripteur symptomatique à ce stade |
| −2 | Transition ménopausique précoce — la périménopause commence ici | « Un écart persistant de 7 jours ou plus entre la longueur de cycles consécutifs. » La persistance est définie comme « une réapparition dans les dix cycles suivant le premier cycle de longueur variable » | Qualifiée simplement de variable par les Manuels MSD | FSH « élevée mais variable » ; STRAW+10 n'attache ici aucun descripteur symptomatique |
| −1 | Transition ménopausique tardive | « La survenue d'une aménorrhée de 60 jours ou plus » | « Durée moyenne estimée de 1 à 3 ans » | « Des fluctuations extrêmes des taux hormonaux et une prévalence accrue de l'anovulation. » Symptômes vasomoteurs « susceptibles de se produire » |
| 0 | Dernières règles | Un instant précis, confirmé seulement douze mois plus tard | Un jour, pas une phase | — |
| +1a | Postménopause précoce — la périménopause s'achève à la fin de ce stade | « La fin des douze mois d'aménorrhée requis pour établir que les dernières règles ont eu lieu » | 1 an | Symptômes vasomoteurs « les plus susceptibles de se produire » |
| +1b | Postménopause précoce, suite | Le reste de la période de variation rapide des taux moyens de FSH et d'estradiol | 1 an ; +1a et +1b ensemble « d'une durée moyenne estimée à 2 ans » | Symptômes vasomoteurs « les plus susceptibles de se produire » |
Critères et formules citées d'après Harlow et al., 2012, traduits de l'anglais, sauf la durée du stade −2. La version recherche du système fait appel en outre à l'hormone antimüllérienne, au compte des follicules antraux et à l'inhibine B, à titre de critères d'appui.

Combien de temps dure l'ensemble, et pourquoi les chiffres divergent
Voilà un point où les sources françaises et la littérature anglo-saxonne ne disent pas la même chose, et il vaut mieux le savoir avant de comparer deux pages entre elles.
Les sources françaises retiennent une transition courte. L'Inserm parle d'« une période de transition de 2 à 4 ans » (Inserm) ; le CNGOF et le GEMVi écrivent que la périménopause « dure en moyenne 4 ans » (CNGOF/GEMVi, 2021).
Les données de cohorte donnent des durées sensiblement plus longues. Dans SWAN — la Study of Women's Health Across the Nation —, la durée médiane ajustée de la transition s'échelonne de 4,37 ans chez les femmes du quartile d'âge de début le plus tardif à 8,57 ans chez celles du quartile le plus précoce (Paramsothy et al., 2017). Autrement dit : un début plus précoce s'accompagne d'une transition plus longue, et non plus courte. Les Manuels MSD reprennent d'ailleurs ce constat en français, en notant que la transition dure plus longtemps chez les femmes qui fument et chez celles qui étaient plus jeunes à son début (Manuels MSD).
Comment lire cet écart ? Les chiffres ne mesurent pas tout à fait la même chose — « 2 à 4 ans » décrit la période d'irrégularité menstruelle telle qu'une consultation la constate, les médianes de SWAN mesurent un intervalle daté sur des calendriers menstruels suivis prospectivement pendant des années — et les deux ne définissent pas la périménopause sur les mêmes bornes, comme la section précédente l'a montré. Retenez surtout l'ordre de grandeur utile en pratique : si vos cycles ont commencé à bouger, la fourchette plausible va de deux ans à près de dix, et la durée réelle de la périménopause et de ses symptômes relève de deux horloges distinctes.
Comment savoir où vous en êtes
Deux nombres font presque tout le travail, et vous les obtenez avec un calendrier plutôt qu'avec une prise de sang.
Ce qu'il faut noter
La longueur du cycle, définie du premier jour des règles au premier jour des règles suivantes. Pas le nombre de jours de saignement : l'intervalle entre deux débuts. Les critères de STRAW+10 comparent des cycles consécutifs, donc une longueur isolée ne vous apprend rien ; il vous faut une série.
Notez la date de début de chaque épisode de règles, sa durée, et tout ce qui justifierait une consultation indépendamment de la question des phases. L'Inserm décrit précisément le profil à guetter, et il est contre-intuitif : « les règles deviennent assez imprévisibles, avec des cycles menstruels qui raccourcissent puis qui s'allongent » (Inserm). La fiche du GEMVi dit la même chose dans le même ordre : « les cycles se raccourcissent, puis s'allongent, deviennent irréguliers » (GEMVi). Des cycles passés de 29 à 26 jours, c'est déjà le début de quelque chose, et c'est ce que l'on met le plus volontiers sur le compte du stress.

Les deux seuils
Un écart persistant de 7 jours ou plus entre la longueur de cycles consécutifs marque la transition ménopausique précoce, le stade −2, c'est-à-dire le début de la périménopause. Un cycle de 26 jours suivi d'un cycle de 34 jours franchit le seuil quant à l'amplitude. Ce qu'il ne franchit pas encore, c'est la persistance, et STRAW+10 définit ce mot aussi : « une réapparition dans les dix cycles suivant le premier cycle de longueur variable » (Harlow et al., 2012). Un mois atypique n'est pas un changement de phase. Le même écart qui revient dans les dix cycles suivants, si.
Un intervalle de 60 jours ou plus sans règles marque la transition ménopausique tardive, le stade −1 (Harlow et al., 2012).
Ces deux seuils ne sont pas confinés à la littérature de recherche : les Manuels MSD les publient en français sous la forme « une différence persistante de ≥ 7 jours sur plusieurs cycles menstruels consécutifs définit le début de la transition ménopausique », et le tableau de la même page fixe l'entrée dans la phase tardive à un « intervalle d'aménorrhée qui dure ≥ 60 jours » (Manuels MSD).
Ce que les seuils ne vous diront pas, c'est comment vous vous sentez. C'est délibéré : le système est construit pour être indépendant des symptômes — STRAW+10 pose ses critères comme indépendants de l'âge, des symptômes et de toute pathologie — ce qui explique aussi pourquoi les symptômes gagnent à être classés selon ce qu'ils indiquent réellement plutôt que comptés.
Ce que signifient douze mois sans règles
Douze mois consécutifs sans règles établissent que les dernières règles ont eu lieu — rétrospectivement, un an après les faits. C'est le stade +1a de STRAW+10, et c'est la fin de ce stade qui marque la fin de la périménopause et le début de la postménopause (Harlow et al., 2012). Le CNGOF et le GEMVi posent le même cap du côté du diagnostic : « Le diagnostic de ménopause est un diagnostic clinique, basé sur une période d'aménorrhée consécutive de 12 mois sans cause évidente, dans une tranche d'âge compatible (après 45 ans) », et ils ajoutent que les signes climatériques associés « sont inconstants, et ils ne sont pas indispensables à l'établissement de ce diagnostic » (CNGOF/GEMVi, 2021). Le GEMVi emploie pour cela une formule d'usage courant en consultation : « Pour parler de ménopause “installée”, il est d'usage d'attendre 1 an après l'arrêt des règles » (GEMVi). Ce sont ces termes-là qui se mélangent le plus souvent, raison pour laquelle périménopause, ménopause et postménopause gagnent à être posées côte à côte.
Un point de sécurité appartient à cet endroit plutôt qu'à la fin de la page. Tout saignement survenant après ces douze mois n'est pas une phase tardive de quoi que ce soit et doit être exploré. L'ACOG, la société américaine d'obstétrique et de gynécologie, le dit sans nuance : s'il y a un saignement quelconque après la ménopause, il importe de consulter pour en trouver la cause, les causes possibles comprenant des polypes, une hyperplasie de l'endomètre et un cancer de l'endomètre (ACOG).
Quand le cycle ne permet pas de situer la phase
Pour un nombre important de femmes, les deux seuils ne s'appliquent tout simplement pas, et aucun suivi scrupuleux du calendrier n'y changera quoi que ce soit. STRAW+10 nomme lui-même la plupart de ces situations, et c'est la partie du système que les pages grand public laissent presque toujours de côté.
- Sous contraception hormonale, ou avec un stérilet hormonal. Les saignements provoqués par une contraception œstroprogestative ne sont pas des cycles que l'on peut stadifier, et les méthodes microprogestatives, le système intra-utérin au lévonorgestrel, l'implant ou l'injection peuvent rendre les règles irrégulières ou les supprimer entièrement. Le dosage ne rattrape pas la situation : le CNGOF et le GEMVi écrivent que « les dosages hormonaux ou l'échographie pelvienne n'ont pas fait la preuve de leur intérêt pour le diagnostic de ménopause sous contraception hormonale » et que ces examens « ne peu[ven]t pas être recommandé[s] en pratique courante pour décider de l'arrêt de la contraception hormonale (grade C) » (CNGOF/GEMVi, 2021). Leur stratégie, lorsqu'un diagnostic est souhaitable, est « l'interruption de la contraception hormonale et le suivi clinique (survenue de l'aménorrhée) », une contraception non hormonale, le plus souvent une méthode barrière, étant mise en place pendant cette période avant d'être arrêtée après un an d'aménorrhée. Le NICE, au Royaume-Uni, aboutit à la même interdiction par un autre chemin, en instruisant les cliniciens de ne pas utiliser de dosage de FSH pour identifier la ménopause chez les personnes sous contraception œstroprogestative combinée ou sous progestatif à forte dose (NICE NG23, 1.3.5, mis à jour le 15 avril 2026).
- Après une hystérectomie ou une ablation de l'endomètre. STRAW+10 est sans ambiguïté : les femmes ayant eu une hystérectomie ou une ablation de l'endomètre « ne peuvent pas être stadifiées selon les critères des saignements menstruels », et leur stade reproductif « ne peut être évalué qu'au moyen des critères d'appui, c'est-à-dire des marqueurs endocriniens du vieillissement ovarien » (Harlow et al., 2012). Le texte français converge, en restant prudent sur le niveau de preuve : en l'absence de symptomatologie clinique évaluable, « plusieurs dosages de FSH […] associés à un dosage de l'estradiol bas […], à distance de l'intervention chirurgicale pourraient être une orientation en faveur de la ménopause (avis d'expert) » (CNGOF/GEMVi, 2021). Une orientation, donc, et sur un avis d'expert — pas une stadification.
- Après un traitement gonadotoxique pour un cancer. C'est une situation que les sources anglophones évoquent peu et que la recommandation française traite explicitement : « Le critère clinique de 12 mois d'aménorrhée ne peut pas être utilisé pour faire un diagnostic de ménopause avec certitude chez les femmes ayant reçu un traitement gonadotoxique dans le cadre d'un cancer (avis d'expert) » (CNGOF/GEMVi, 2021). Le même texte rappelle qu'après une chimiothérapie les cycles peuvent revenir très tardivement, et qu'une aménorrhée prolongée peut elle-même être suivie d'une reprise d'activité ovarienne.
- En cas de syndrome des ovaires polykystiques. « Les femmes atteintes de SOPK présentent fréquemment une oligoménorrhée qui n'est pas imputable au vieillissement ovarien. En conséquence, les critères menstruels actuellement utilisés pour stadifier le vieillissement reproductif ne sont pas applicables à cette population » (Harlow et al., 2012). Des règles espacées sont déjà une caractéristique du syndrome : elles ne peuvent pas être lues comme un signal de la transition.
- En cas d'aménorrhée hypothalamique. Le même article : les critères menstruels ne sont pas applicables chez les femmes présentant une aménorrhée hypothalamique.
- Avant 40 ans. STRAW+10 indique que les femmes répondant aux critères d'insuffisance ovarienne prématurée — qu'il définit comme un âge inférieur à 40 ans avec quatre mois d'aménorrhée et deux dosages sériques de FSH dans la fourchette ménopausique, prélevés à au moins un mois d'intervalle — « ne s'inscrivent pas aisément dans ce modèle » (Harlow et al., 2012). Ce n'est pas une question de phase à résoudre chez soi, c'est un motif de consultation. L'Inserm emploie la même borne : « Si l'arrêt définitif des règles a lieu naturellement avant l'âge de 40 ans, on parlera alors d'insuffisance ovarienne prématurée, parfois appelée ménopause précoce » (Inserm). Le NICE recommande de diagnostiquer une insuffisance ovarienne prématurée chez les moins de 40 ans sur les symptômes associés à la ménopause joints à des taux élevés de FSH sur deux prélèvements effectués à 4 à 6 semaines d'intervalle, et ajoute séparément de ne pas poser ce diagnostic sur la foi d'un prélèvement unique (NICE NG23, 1.7.2 et 1.7.3).
Si vous êtes dans l'une de ces situations, la conversation utile porte sur les symptômes et les antécédents, pas sur le stade que vous occupez. Notre guide de ce qu'un dosage hormonal peut et ne peut pas dire détaille ce que l'examen tranche réellement.
Le test au progestatif, et pourquoi il ne répond pas non plus
Une pratique française mérite une mention, parce qu'elle revient en consultation et qu'elle est souvent comprise comme un moyen de se situer. Le test au progestatif consiste à administrer par voie orale un progestatif pendant dix à douze jours chez une femme en aménorrhée ; il est dit positif si une hémorragie de privation survient à l'arrêt, ce qui témoigne que l'endomètre était sous influence estrogénique.
Deux raisons font qu'il ne détermine pas une phase. La première est biologique : « En période de périménopause, les périodes d'hypoestrogénie transitoire, spontanément résolutives, sont fréquentes », de sorte qu'un test positif exclut la ménopause mais qu'un test négatif « n'est pas obligatoirement synonyme de ménopause ». La seconde est une recommandation nette : « Le test au progestatif n'est pas recommandé pour établir un diagnostic de ménopause (avis d'expert) », et plus largement, « dans la situation physiologique, aucun examen complémentaire n'est recommandé pour réaliser un diagnostic de ménopause (grade A) » (CNGOF/GEMVi, 2021).
Quelle phase se révèle la plus difficile
Pour les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, les données désignent la périménopause tardive et la première ou les deux premières années après les dernières règles — soit plus tard que ce que l'on attend généralement, et plus tard que ne le laisse entendre l'image des « années agitées du milieu ».
Trois séries de données convergentes. Dans SWAN, la transition vers la périménopause tardive présentait l'association la plus forte avec les symptômes vasomoteurs, avec un odds ratio ajusté de 6,64 (IC à 95 % 4,80–9,20), et, après ajustement, ces symptômes étaient rapportés le plus souvent dans tous les groupes en périménopause tardive, et presque aussi souvent en postménopause (Gold et al., 2006). Une méta-analyse de 10 études portant sur 35 445 participantes a observé que la proportion de femmes rapportant ces symptômes « augmentait fortement dans les 2 années précédant les dernières règles, atteignait un maximum 1 an après les dernières règles, et ne revenait pas aux niveaux préménopausiques avant environ 8 ans après les dernières règles » ; les symptômes jugés gênants, et non simplement présents, culminaient « environ 1 an plus tôt » (Politi et al., 2008). STRAW+10 répartit ses propres descripteurs dans le même sens, en plaçant les symptômes vasomoteurs comme « susceptibles de se produire » dans la transition tardive et « les plus susceptibles de se produire » aux stades +1a et +1b (Harlow et al., 2012). Les Manuels MSD résument la même chose en français : les symptômes « ont tendance à être maximaux au cours des quelques années précédant et de l'année suivant la ménopause » (Manuels MSD).
Vient maintenant la réserve, parce qu'un maximum de population n'est pas une prévision individuelle. Lorsque SWAN a modélisé les trajectoires individuelles de 1 455 femmes, quatre profils distincts sont apparus au lieu d'une courbe commune : un début précoce, environ 11 ans avant les dernières règles, suivi d'un déclin (18,4 % des femmes) ; un début proche des dernières règles avec déclin tardif (29,0 %) ; un début précoce avec une fréquence durablement élevée (25,6 %) ; et une fréquence durablement faible tout du long (27,0 %) (Tepper et al., 2016). La durée varie dans les mêmes proportions. Parmi les 1 449 participantes de SWAN qui présentaient effectivement des symptômes fréquents — définis par six jours ou plus au cours des deux semaines précédentes —, la durée totale médiane a été de 7,4 ans, et chez les 881 d'entre elles dont les dernières règles ont pu être datées, les symptômes ont persisté encore 4,5 ans en médiane après ce cap (Avis et al., 2015).
Si ce sont les symptômes qui vous amènent à chercher votre place sur une frise, les traitements disponibles et ce qui a changé récemment vous serviront davantage que la stadification.
Les phases se suivent-elles toujours dans l'ordre ?
Non. Les stades décrivent un sens de circulation général, pas un cliquet, et les règles peuvent revenir après une longue interruption.
Le CeMCOR appuie ce point sur ses propres données cliniques et sur la littérature qu'il cite : interrogé sur la régularité de la progression entre les phases, il répond que « la vérité est bien plus complexe » et renvoie à une étude manitobaine dans laquelle 324 femmes de plus de 45 ans encore réglées ont produit « 100 profils de cycle menstruel différents » en trois ans, certaines passant « six mois sans flux puis retrouvant six mois de règles régulières » (CeMCOR). Le CeMCOR indique également que le décompte des douze mois « peut s'allonger si nous avons de nouvelles règles, ce qui arrive normalement à 10 à 20 % d'entre nous », et que c'est d'autant plus probable que l'on est jeune. Nous n'avons pas lu les études sur lesquelles le CeMCOR s'appuie pour ces deux chiffres : ils sont donc rapportés ici comme la position du CeMCOR, et non comme des résultats vérifiés indépendamment.
Le mécanisme derrière ces retours en arrière est une ovulation devenue intermittente plutôt qu'arrêtée. L'ACOG le décrit simplement : pendant la périménopause, certains mois les ovaires libèrent un ovule, d'autres mois non (ACOG). La conséquence pratique ne fait débat nulle part : un cycle irrégulier n'indique pas de façon fiable que l'ovulation a cessé, et ce n'est pas un moyen de contraception. Le CNGOF et le GEMVi chiffrent du reste le risque résiduel : « Bien que la fécondabilité diminue avec l'âge, d'autant plus que l'on s'approche de la ménopause, le risque de survenue d'une grossesse n'est pas nul (de l'ordre de 1 à 5/1 000 année-femme) chez la femme de plus de 50 ans » (CNGOF/GEMVi, 2021).
Une seule chose ne fonctionne pas à rebours : la ligne des douze mois. Un saignement qui débute après une année complète sans règles n'est pas un retour à un stade antérieur, et c'est un motif d'exploration, non de surveillance (ACOG).
Si ce que vous cherchez vraiment, c'est à quel moment tout cela commence, l'âge auquel débute habituellement la périménopause traite la question de l'âge, et ce qu'est réellement la périménopause est la vue d'ensemble sous laquelle cette page se range.
Questions fréquentes sur les phases de la périménopause (FAQ)
Comment savoir dans quelle phase de la périménopause je suis ? Par la longueur de vos cycles, mesurée du premier jour des règles au premier jour des règles suivantes. Un écart persistant de 7 jours ou plus entre des cycles consécutifs marque la transition précoce ; un intervalle de 60 jours ou plus sans règles marque la tardive. « Persistant » signifie une réapparition dans les dix cycles suivant le premier cycle de longueur variable (Harlow et al., 2012). Ni votre âge ni vos symptômes ne vous situent : STRAW+10 pose ses critères comme indépendants de l'âge.
Quelles sont les 4 phases de la ménopause ? Aucune société savante française n'en définit quatre. Le découpage courant en français en compte trois — périménopause, ménopause, postménopause (Inserm) — et le modèle clinique de référence n'accorde que deux stades à la transition, le précoce (−2) et le tardif (−1), la périménopause couvrant ces deux stades plus les douze mois qui suivent les dernières règles (Harlow et al., 2012). La version en quatre phases vient du CeMCOR, à l'université de Colombie-Britannique, qui ajoute une phase « très précoce » avant que les cycles ne deviennent irréguliers et écrit différer du consensus officiel actuel (CeMCOR).
Une prise de sang peut-elle dire où j'en suis ? Non. Le CNGOF et le GEMVi sont nets : « dans la situation physiologique, aucun examen complémentaire n'est recommandé pour réaliser un diagnostic de ménopause (grade A) » (CNGOF/GEMVi, 2021). STRAW+10 range les dosages parmi les critères d'appui, à n'utiliser qu'en cas de besoin et à ne pas interpréter comme nécessaires au diagnostic, et sa valeur de FSH supérieure à 25 UI/L ne vaut que pour la transition tardive, en dépendant de la technique du laboratoire (Harlow et al., 2012). Le NICE va plus loin en demandant de n'utiliser ni AMH, ni inhibine A ou B, ni œstradiol, ni compte des follicules antraux, ni volume ovarien chez les personnes de 45 ans et plus (NICE NG23, 1.3.4).
Comment se situer quand on prend la pilule ou qu'on a un stérilet hormonal ? Pas par le cycle, et pas davantage par un dosage. Les dosages hormonaux et l'échographie pelvienne « ne peu[ven]t pas être recommandé[s] en pratique courante pour décider de l'arrêt de la contraception hormonale (grade C) » ; la stratégie proposée est d'interrompre la contraception hormonale et de suivre cliniquement l'apparition de l'aménorrhée, sous couvert d'une contraception non hormonale, avant de l'arrêter après un an d'aménorrhée (CNGOF/GEMVi, 2021). C'est une décision à prendre avec un médecin, pas seule.
Combien de temps dure chaque phase ? STRAW+10 estime la transition tardive à « 1 à 3 ans » en moyenne, et les stades +1a et +1b à un an chacun (Harlow et al., 2012). Aucune durée n'est chiffrée pour la transition précoce ; les Manuels MSD la qualifient de variable (Manuels MSD). Pour l'ensemble de la transition, les sources françaises retiennent 2 à 4 ans (Inserm ; CNGOF/GEMVi, 2021), là où la médiane ajustée de SWAN s'échelonne de 4,37 à 8,57 ans selon l'âge de début (Paramsothy et al., 2017).
Avertissement médical : Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié avant de modifier votre routine de santé.
Sources
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Toutes les sources ont été consultées le 2 octobre 2026.




